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Analyse du phénomène : AUTOUR DES CONTROVERSES
Le forum a compté quelques polémiques  :
 
Controverse n° 1 : Le soignant, est-il un artiste, un artisan, un ouvrier ?

MT : Prises de position attendues !

Rony : Artiste, Artisan, Ouvrier... telle est la question ? Si on s’en tient aux propos de l’académie française, nous pouvons tous nous considérer comme des artistes. En effet, nous utilisons tous des moyens, des procédés pour accéder à une fin. Tout le monde est un artiste, chaque individu, chaque être fait quelque chose. C’est le propre de l’être, il est. Le minéral, l’animal, le végétal est-il pour autant un artiste ?

Pas de plaisanterie, la vieille définition nous dit quand même que : pour pratiquer l’art, donc être un artiste, il faut utiliser des moyens ou aptitudes naturelles pour arriver à une fin. Pour ma part, l’acquisition d’un diplôme d’infirmier ne s’est pas faite de façon naturelle. J’ai quand même dû forcer un peu notre mère-nature. Et pourtant, ma profession me reconnaît comme un artiste, un praticien de l’art infirmier. En quoi notre profession relève t’elle de l’art ? Pour l’artiste, son oeuvre est incompréhensible pour ses contemporains, il évolue dans une autre dimension. On pourra tout au plus dire que c’est bien ou pas et que l’on reconnaît le travail effectué. Mais combien pourrons s’imprégner de l’oeuvre et en découvrir la véritable dimension. Non franchement, ne nous considérons pas comme des artistes, nous sommes tout au plus les artisans d’un savoir transmis par nos pères et que nous accommodons à notre façon.

Tibère : L’art ne réside-t-il pas dans la manière d’appliquer l’enseignement que l’on a reçu ?
Chaque profession est un art pour ceux qui l’observent. Un bon bricoleur est admiratif du professionnel. Le patient est admiratif de l’infirmier si et seulement si ce dernier effectue son métier avec passion. Et passion passe par évolution. L’évolution passe par la remise en question.
L’infirmier est pour moi un artiste si après chaque acte posé, il en mesure les conséquences. On peut forcer la nature mais c’est elle qui à la fin nous forcera à... (cf. crise écologique).
Chassez le naturel, il revient au galop !!

Rony : Nous sommes au moins d’accord sur le fait que nous ne sommes pas des ouvriers.
Nous agissons sur un problème ou sur des faits de façon réfléchie en utilisant des connaissances acquissent par l’apprentissage et l’expérience. On utilise certes une sorte d’intuition qui peut-être est naturelle bien que j’en doute. Je crois qu’elle est la résultante d’un enseignement latent et d’une culture scolaire (la même que celle de l’entreprise). Je pense que les artistes, eux, se positionnent complètement dans l’intuition en utilisant la technique comme un support de leurs pensées. Leurs créations sont des moyens d’expression où ils utilisent tantôt la toile, tantôt la pierre, tantôt les sons,... Pour ma part, je me positionne comme un artisan car mes actes sont une finalité. Je soigne un patient pour soigner un patient, je fais un pansement pour faire un pansement, je cherche une solution à un problème car il existe pour le patient. Je fais les actes pour les actes et pas pour communiquer au monde ma pensée, mon ressenti, mon être à ce moment précis.
Il est vrai que si on fait des analogies aux mondes de la musique, de la peinture, de la littérature, la sculpture, la céramique,... les auteurs, créateurs de ces merveilles sont tous, à mon avis, au début de simples artisans qui par la suite, rapidement ou non, se font reconnaître par les autres, contemporains ou non, comme des artistes. Art et artisanat sont deux termes forts proches et un peu galvaudés. Ne dit-on pas aussi l’art de la guerre ?

Tibère : Pour ma part, je ne fais pas un pansement pour faire un pansement. Je le fais car je crois en la guérison... Quand je n’y crois plus, le pansement devient confort. Dans mon domaine, l’intuition guide souvent mes actes, intuition que je partage toujours avec les collègues. Faire un acte sans communiquer sa pensée est pour moi un acte «à la chaîne». L’humanité que l’on met autour de cet acte est tout aussi importante que le produit que l’on met sur la plaie. C’est 50/50.
Quand un de mes patients décèdent, j’espère toujours avoir fait pour lui ce qu’il espérait que je fasse pour lui !!! Le fait d’écrire sur ce forum n’est-il pas une façon de vouloir exprimer sa pensée au monde ? L’art est fait de l’humanité que l’on apporte aux actes. Le meilleur acteur n’est-il pas celui qui «vit» le personnage qu’on lui demande d’interpréter ?

Vito : Les infirmiers que nous sommes ne sont-ils pas un ensemble ? Un ensemble de savoirs. Pour sûr nous appliquons l’enseignement que nous avons reçu mais chaque infirmier ou infirmière l’applique selon ses convictions, avec sa propre personnalité. Artiste parce que nous créons le soin suite à certaines de nos observations, au diagnostic infirmier que nous posons mais la décision de pratiquer tel acte ou un autre ne renvoie qu’à la personne qui l’applique et celui a qui nous l’appliquons, le patient.

L’infirmier dans un service technique ne serait alors qu’un ouvrier reproduisant les techniques acquises, singeant son professeur ? Non, dans tout acte, il y a moyen d’y ajouter son humanité, sa perception, son écoute. L’art réside dans la totalité de notre profession et la passion que nous y mettons pour soigner nos patients que cela soit dans un soin infirmier proprement dit ou une simple radio. Chacun choisit sa profession selon ses convictions mais l’on ne peut continuer à exercer si l’on ne se retrouve pas dans sa profession, si on ne la vit pas. L’idée finale ne serait-elle pas de se réaliser...
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                                  Controverse n° 2 : To care or not

MT : Cette intrusion d’un concept éthique dans le débat politique français ne pouvait me laisser indifférent. Après une courte bafouille, suivie de deux articles, je vous laisse réagir sur cette notion qui n’a rien de féministe, à moins que ... Cette vision sociétale se veut humaine. Elle dépasse et surpasse la notion d’assistanat qui ne me convient pas ou plus. Elle propose une société bien différente, la crise suscite des questionnements (récurrents) de ce type mais la place n’est pas prête. C’est une friche, je vous laisse donc une parcelle à débroussailler ! Intentionnellement, j’ai précisé un élément dans la note de bas de page 3 de la bafouille n° 5. Je suis impatient de connaître la suite de cette discussion.

Tibère : A la lecture de la signification de ce mot donnée par Md Aubry, je crois qu’il s’agit d’une vision idéaliste mais utopiste de notre société ultra-individualiste et quand même fort corrompue. Ne s’agit-il pas simplement d’une propagande politique en vue de prochaines élections présidentielles ? Il est certain que le système d’assistanat de certains pays occidentaux n’encourage pas les citoyens au travail. «Je reçois de la société mais je ne fais rien pour améliorer ma société», voilà une devise propre à un certain nombre d’assistés. Personnellement, je ne crois pas cette piste possible tant notre société est matérialiste. Il faudra encore plusieurs crises pour nous obliger à «penser» ou «panser» autrement. La Grèce vient de se faire «assister», bientôt l’Italie et le Portugal et l’Espagne... Nous sommes toujours victimes de l’incompétence et de la tricherie des autres. Le premier est excusable, le second NON. Le renouveau passe par l’honnêteté.
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CONTROVERSE N° 4 dite de la chèvre

MT : Suite à l’article de Rony (cf. productions), vous avez la possibilité d’intervenir et le modérateur de cette discussion sera l’auteur dudit article. Soyez berger, chèvre ou ... chou !

Cloclo : Ce n’est pas facile c’est vrai, mais personne ne nous a forcé et  rien ne nous empêche de quitter le navire. Alors, prenez votre avenir en main !

Syl17 : « notre formation de cadre de santé ne donne plus accès qu’au seul poste d’infirmier chef d’unité» si c’est si simple d’être entre le marteau et l’enclume... Venez, venez, mes petites chèvres et découvrez les horaires faciles et le salaire attractif mais surtout prenez le beurre et l’argent du beurre et oubliez le mot qui fait peur : «responsabilité» ! Allons, allons,  si tout était si facile le goût serait-il si relevé ; chaque institution (scolaire ou hospitalière) a ses avantages et ses inconvénients ! Rentre tes blancs moutons, bergère... la difficulté ce fut ton CHOIX

Katia : Il s’agit, je pense également d’une question de choix. Quel plaisir aurions nous à obtenir ce «bout de papier» sans souffrance ? Sans travail pour l’obtenir, sans nous être surpassés ? N’est ce pas aussi nous préparer à la réalité du terrain ? Car sur le terrain, «on» ne va pas nous épargner, nous allons être soumis à des pressions, à des exigences de la part de nos supérieurs, des patients, de notre équipe, de la société,...  Faut-il tirer les gens vers le haut ou prendre la carte de la facilité ?
Nous avons été, certes, bousculés, dérangés, titillés, mais à nous de continuer à se laisser bousculer, à s’interroger, à se dépasser, ne dormons pas sur nos lauriers... Là, ici, maintenant commence notre travail, nous quittons bientôt l’atelier protégé, et peut être est ce là notre angoisse ! Où allons nous pouvoir parler, discuter, livrer nos expériences ???

Concernant le niveau d’exigence, je dirai qu’il est peut être élevé pour certains, mais cessons de nous voiler la face, la société est exigeante et le devient de plus en plus, alors soyons prêt à y répondre.
Concernant l’épreuve intégré, si au début des cours, j’en étais stressée. Aujourd’hui, je le suis toujours, mais l’accompagnement soutenu au cours de ces trois années, me fait voir cette épreuve comme  un échange, un débat, et non une fin. Si en première année, je voyais cette épreuve comme insurmontable, plus à ce jour, je la vois comme un aboutissement. Mais non sans peine, ni souffrance mais quel plaisir je pourrai en retirer.

Fievetsev : Il est vrai que vouloir devenir cadre de santé est un choix personnel à la base mais surtout qui ne s’improvise pas du jour au lendemain. Même si nous détenons l’expertise de notre profession initiale, d’ergothérapeute ou d’infirmier, jouer le rôle de cadre de santé est une toute autre aventure. Personnellement, aujourd’hui  avec le recul, j’ai le sentiment d’avoir grandi pendant ces trois années de formation. Tout comme Katia, je l’accorde, non sans périodes de doute, de pression, de remise en question, ni sans mal... mais ce passage par la formation me semble incontournable pour tenter de devenir un réel cadre performant surtout au regard de l’évolution du système hospitalier actuel.
Pour la question du TFE, il est le fruit de notre évolution personnelle qui doit être vécu comme  un partage de réflexions, une confrontation aux autres mais qui permet également d’alimenter l’évolution de notre profession de cadre de santé.

Rony : Durant le cursus scolaire, nous sommes en permanence mis sous pression. Même si la charge de travail est répartie sur toute l’année, nous avons en permanence une plus ou moins petite pensée pour l’un ou l’autre module de cette formation. En regard de ceci, je me pose la question suivante : une fois la formation terminée, l’UF 15 réussie, si pour une raison ou une autre nous sommes appelé à rester infirmier, à ne pas accéder à un poste d’infirmier en chef, aurons-nous encore la force, l’envie, le courage de perdurer dans cet «esprit étudiant» ? Néanmoins, je suis heureux de voir qu’il y a encore des gens qui pensent que le chemin de l’adversité a une utilité et une raison d’être.

Vito : Devons-nous faire preuve de nonchalance tout au long de notre carrière et de l’évolution de celle-ci. Je pense que notre futur travail ne nous épargnera pas alors pourquoi ne pas avoir une formation qui nous y prépare. Oui, ce n’est pas tous les jours rose, oui c’est parfois difficile d’y arriver et de tenir le coup, mais à la fin de l’épreuve intégrée n’est-on pas tout aussi content, ne savoure-t-on pas cette réussite ? Je suis assez d’accord avec Katia, la société et l’institution nous en demandera toujours plus, sans parfois une seconde chance. A nous de nous préparer. Nous savions dès le premier cours que cela serait difficile mais c’est notre choix ...

Epona : Cette bafouille remet en avant les fonctions de l’Ecole. L’école doit être un lieu d’enseignement, d’échanges, d’apprentissages, de découvertes où l’enseignant doit mettre tout en oeuvre à élever les aptitudes de chacun. Il doit cependant tenir compte des capacités de chacun pour ne pas exiger la même chose de chaque élève au risque d’uniformiser l’apprentissage. Ce n’est pas l’élève qui doit imposer aux professeurs ce qu’il veut bien apprendre ou pas. Ne tombons pas dans le piège et laissons l’église au milieu du village. Les dérives existent déjà : je pense aux dérogations auxquelles les élèves ont droit s’ils ne sont pas d’accord des décisions du corps professoral. Il est de plus en plus difficile d’arrêter les incompétents et de donner raison à Mr Debray qui évoque l’école comme un corps social agonisant. Je crois que notre formation échappe encore à cette constatation. Alors protégeons-la. Aurions-nous grandi si la formation avait été facile ?
Télécharger le fichier rassemblant toutes ces discussions, c'est POSSIBLE !
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