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Analyse du phénomène : AUTOUR DE L'EPREUVE INTEGREE
THEMATIQUES AUTOUR DE L'EPREUVE INTEGREE

Elles ne sont plus présentées dans l'ordre alphébétique mais ... en nombre décroissant d'interactions.
Seize thèmes de problématiques ont été exposés avec des fortunes diverses. La palme revient à la notion d’identité qui compile plus de 100 messages. 66 autres messages ont animé la discussion autour du doute et 15 celle qui se penchait sur les notions de mobilité et de polyvalence.

Les 15 autres sont restées silencieuses ou muettes... inanimées !
 
IDENTITE

Le plus "gros morceau" de discussions, âpres et intenses avec l'arrivée, l'intrusion, l'irruption d'Epona, l'éponyme de ... LA suite pour ne pas dire l'INTEGRALITE !

 
DOUTE
Epona y est aussi !

MT : Pour ceux qui doutent et qui pensent que le doute est pathologique, il existe des potions chimiothérapeutiques appelés benzodiazépines, IMAO ou ISRS. Parlez-en à votre médecin !
Pour les autres, le doute est force de vie car la vie s’interroge et interroge, car «toute vie est résolution de problèmes» (Popper). Le doute permet la critique et les deux ensembles, elles accordent du sens, un sens, votre sens. Le sens est l’essence de la vie et la vie doit avoir un sens !

Vito : Le doute est quelque chose qui se ressent et comme toute chose, il demande à évoluer. Les interrogations dont se réclame le doute ne trouvent pas toujours de réponses et il n’y a pas toujours de réponses à certaines de nos questions. Le doute est un cheminement qui ne trouve pas toujours d’issue ou qui justement en trouve plusieurs. L’idée de comparer le doute à un rond-point me paraît-être le meilleur exemple pour définir le doute car sa définition réside dans le sens que chacun lui donne mais aussi dans la direction choisie.

Le cheminement peut avoir un point de départ commun mais à l’arrivée les chemins parcourus seront tout aussi différents que le nombre de personnes qui les aurons empruntés...

Reg : Sommes nous tous égaux devant le doute? Certes le doute peut nous faire avancer mais quelques fois très lentement, avec réserve, limitant notre expression, notre élan. D’autres fois, il nous bloque. La sécurité, l’encadrement, oserais-je l’apaisement peuvent nous permettre de donner la pleine mesure de nos possibilités, quelques fois même plus. La recherche de sens se trouve là aussi, lors de  notre évolution Pas de psychologisation extrême, juste quelques nuances ; l’environnement qui nous caractérise et l’évolution de chacun sont singuliers.

Syl17 : Oui, le doute se ressent. Mais pour qu’il ne nous bloque pas, il faut pouvoir exprimer ce ressenti et en créer quelque chose. Là est le challenge parfois muselé par une éducation qui ne nous a pas permis d’exprimer un doute. Nos certitudes relèvent souvent uniquement de nos échéances personnelles. Le doute reste-t-il admis et antérieur à la certitude ou nos certitudes sont-elles le «copier-coller» de celles de nos voisins ? Le doute : une de nos dernières libertés ? Notre liberté : notre choix de douter et non l’obligation qui nous en est donnée par une institution scolaire.

Tibère : «j’ai douté, je ne doute plus mais je redoute maintenant la suite». En fin de compte, nous ne faisons que douter ! Mais le doute n’amène t’il pas l’espoir et la volonté ? Celui qui ne doute pas, a t’il encore de l’envie ? Néanmoins sans une certaine dose de confiance en soi, on ne peut dépasser ses doutes. Je crois que la meilleure façon de vaincre ses doutes est d’OSER.

Je redoute la troisième, je doute de mes capacités à la réussir mais je vais quand même oser y aller tout en sachant que beaucoup de choix vont se présenter en commençant par celui de la problématique. Sans choix, il n’y a pas de doutes. Pourtant on a toujours le choix dans chaque situation d’agir ou de ne pas agir. Le doute s’éteint lorsque l’on n’agit pas, il se transforme alors en remords. Il nous arrive de douter de nous, c’est une certitude.

Souvent, nous émettons des doutes à l’égard de tel ou tel individu... Comment faire alors pour confirmer ou à l’inverse pour apaiser nos craintes à l’égard d’autrui ? Devons-nous le tester ?, attendre ?, lui parler franchement ? Ou comme certains le font, inverser la situation et faire en sorte que l’autre nous (re)doute ? Le doute pourrait être assimilé à de la méfiance dans ce cas-ci et la méfiance amène souvent à la suspicion.

Vito : Le doute n’est-il pas aussi créateur de zones d’incertitudes ? Ces zones d’incertitudes affaiblissent le pouvoir pour celui qui n’en a pas conscience laissant la porte ouverte à ceux qui en ont conscience et qui en profite pour développer leur pouvoir.

Epona : Pour rejoindre la discussion de Katia qui parle d’excès de confiance, croyez-vous que l’excès de confiance est le contraire du doute ?

Vito : qui n’a jamais fait preuve d’excès de confiance ? Encore faut-il voir s’il est réel ou juste un paraître. Je ne pense pas que l’excès de confiance soit l’antagoniste du doute, je pense plutôt qu’il est une recherche de certitude finalement difficile à atteindre. La question mérite certes d’être posée, mais le doute tel que je le conçoit, reste une approche réflexive de notre quotidien, j’ai confiance en moi et ce n’est pas pour cela que je ne doute pas de mes actions ou de mes pensées, voire de mes choix. Tout est soumis à question, sans pour autant avoir de réponse mais un cheminement pour parvenir à oser penser par soi-même...

Epona : Faut-il douter de tout ? Où je vous rejoins, c’est qu’il est difficile de penser par soi-même et surtout d’exprimer ses pensées. Je ne vous connais pas mais avez-vous choisi ce sujet par hasard ou tenteriez-vous de prôner le doute à tout va ? La société aime pourtant les personnes sûres d’elles, celles qui foncent et ne doutent pas. Le cadre doit-il douter constamment ?
Pour vivre avec un grand «douteur», je peux dire que ce n’est pas tous les jours faciles. J’attends parfois de lui qu’il prenne des décisions et pourtant il doute... Il doute que cela puisse me plaire ou à son fils, il doute car il a peur d’être déçu ou de se faire avoir, il doute de l’amitié de ses amis...
J’assimile son doute à de la peur. Qu’en pensez-vous ?

Vito : je n’ai pas choisi ce sujet par hasard, mais en commençant les cours de cadre, j’ai été «chahuté» dans mes convictions, mes représentations, mes idées, ma manière de voir le milieu professionnel et voir même personnel. Je ne pense pas douter à tout va ou même qu’il faut douter de tout, j’entrevoie le doute comme une méthode, une méthode réflexive, où l’on n’arrête de penser par les autres ou pour les autres.

La peur peut faire place au doute, tout comme le doute fera place à la peur. Il ne faut pas voir le doute comme une chose négative, déplaisante, ruinant l’avancement de nos pensées et de nos actions. L’incertitude peut vous modifier, à vous de choisir la bonne décision, ou la moins mauvaise mais d’agir et de ne pas rester à attendre qu’on le fasse pour vous.
Je considère le doute en effet comme un système d’actions-pensées et non comme une crainte du jugement de l’autre ou l’immobilisme qu’il pourrait en résulter.

Epona : Croyez-vous que les hommes doutent plus que les femmes ? En tout cas, j’ai pu remarqué que pour élever les enfants, la femme est souvent plus sûre que l’homme. Je ne dis pas ça car j’en suis une mais je l’ai déjà constaté un peu partout. Une mère sait ce qu’elle veut pour ses enfants. Dans l’unité où je travaille, ma chef sait ce qu’elle veut, elle a ses critères. Le chef d’à côté est beaucoup plus brouillon, il n’est pas toujours sûr de lui et rencontre du coup plus de difficultés à transmettre ses objectifs. D’ailleurs, croit-il en ses propres objectifs ? Il en doute peut-être tellement qu’il transmet ce doute.

Vito : Peut-être est-ce vrai ? Pourtant la femme se repose sur l’homme elle aussi. Je pense en fait que le sexe n’est pas un critère. La femme a son instinct maternel et pourtant je peux vous dire que, père moi-même, j’essaie de prendre les meilleures décisions pour mes enfants, sans pour autant être sûr d’avoir fait le bon choix. J’essaie simplement du faire du mieux possible pour mes enfants. Maintenant, l’univers professionnel et personnel sont deux choses bien différentes, proches, mais différents. L’infirmière n’éduque pas ses enfants comme elle éduque ses patients. Je pense même que parfois elle éduque ses patients comme elle éduque des enfants.
L’infirmier brouillon est-il quelqu’un qui doute ou quelqu’un de désorganiser voire même d’organiser dans son «bazar». Il ne faut pas confondre confiance en soi, estime de soi et doute. Les deux premières vont de paires. Le doute quand à lui me fait penser à l’époché ou la suspension du jugement qui ne doit, certes, pas rester constant. Réfléchir par soi-même pour agir pour soi-même et les autres. En un mot, réflexion. Je pense, mais il n’engage que moi, que l’infirmière use de sa technique sans même y réfléchir. Pourquoi ne se pose t-on pas ses questions ? Pourquoi, comment, où, quand, pour qui, plein de questions parfois sans réponses, parfois désagréables, parfois très agréables, parfois surprenantes, bref la complexité humaine. Et si je vous retournais cette affirmation : «trop de certitudes tue la certitude»...

La société aime ses personnes qui foncent à tout va, sûres d’elles car justement, elle se recherche des leaders auxquelles elle essaie de s’identifier.

Epona : Je ne crois pas que l’univers professionnel soit différent du personnel. On y retrouve les mêmes jeux mais avec des acteurs différents. Votre dernière phrase (venue après réflexion plus approfondie) contredit quelque part votre théorie : si la société cherche des leaders, elle ne cherche pas des douteurs.

Vito : Je me suis certainement mal exprimé, je veux en fait laisser cette idée que la plupart des gens qu’ils soient de notre univers professionnel ou privé recherche des leaders qui pour eux sont des gens «sans craintes». Tout du moins à leurs yeux. La société ne cherche pas des douteurs, elle en crée. Parfois à bon escient, parfois pas mais qui oserait dire qu’il ne doute pas ? Ce que j’essaie d’exprimer, c’est qu’un leader reste un être humain avec ses qualités et ses défauts. Pourquoi la société ne recherche t-elle pas des douteurs ? Méthodiques, dérangeants, créatifs, mais des douteurs qui cherchent à faire avancer l’équipe de part leur réflexion.

L’idée du doute me vient comme cette idée que même les choses bien établies ne nous paraissent vraies que parce que nous ne les remettons pas en questions et qu’à force de ne pas les remettre en question nous ne cherchons plus, nous ne réfléchissons plus.

Epona : D’où vient ce choix de sujet, un peu hors du commun mais au combien intéressant et peut-être dérangeant pour ceux qui sont sûrs d’eux ?

Vito : Le choix du sujet provient de ce que j’ai vécu il y a trois ans, à mon entrée à l’école des cadres. Je suis arrivé le premier jour rempli de certitudes, sûr de moi, me disant que finalement seul l’étude et le travail payent. Et suite à certains cours, qui m’ont retranché dans mes limites, je me suis interrogé pour finalement arriver à la conclusion que si je ne revoyait pas mon mode de fonctionnement et de penser, je n’aiderai pas mon entourage, qu’il soit professionnel ou personnel, ni moi-même à avancer tout comme j’espère le faire, simplement en m’interrogeant et en réfléchissant sur certains points que nous prenons comme vérités parce qu’on nous le dit.
Cette interrogation, ou plutôt ces interrogations et ces réflexions sont devenus pour moi un nouveau style, certes, il ne résout pas tous les problèmes, il n’empêche pas les erreurs, mais il me permet de penser par moi-même et de réfléchir sur certains éléments pour lequel, auparavant, j’aurais foncé tête basse sans réfléchir...

Tibère : Salut Vincent, que penses-tu de ces personnes qui aiment semer le doute ? Est-ce une arme pour manipuler ? Où alors ces personnes le font inconsciemment ? Je pense d’ailleurs à une personne qui use d’une présentation énigmatique afin d’éviter, peut-être, de se montrer réellement comme elle est.

Vito : Salut Tibère, je pense que le doute ne doit pas être utiliser comme une arme pour semer le doute, un doute négatif empêchant l’évolution ou le développement mais plutôt comme un moyen de réflexion. Et au delà de la réflexion, apprendre à se forger ses propres expériences.
La personne énigmatique peut utiliser cette nébuleuse pour de multiples raisons : se protéger, connaître l’avis de l’autre sans se dévoiler, manipuler, prendre le contrôle, ... Malheureusement pour cette personne, le risque est grand de se retrouver rapidement mise à l’écart car incomprise ou justement démasquée ... Sauf que parfois cela marche et elle arrive à semer le doute, l’incertitude autour d’elle et l’on se retrouve face à une équipe qui ne sait plus quoi penser et qui se démotive.

Epona : à Vito : tout d’abord, l’explication de votre choix de sujet est impressionnant. Votre faculté d’analyse et d’auto-analyse est remarquable. Il n’y a pas de place au doute quant à vos objectifs.
A Tibère : je prends votre réflexion pour moi. Je ne sème pas le doute mais cette pseudo-présentation est un jeu. Un jeu naît de la censure. Le seul doute que j’émet est que vous ne savez pas qui je suis, mais est-ce important. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas prof. Du moins, pas pour le moment, plus tard peut-être.  To be or not to be...tel est votre doute, Tibère!

Vito : Epona, il est vrai que je peux paraître sûr de moi et que mais objectifs soit clairs et précis et pourtant, je ne suis sûr de rien, je ne peux prévoir leur réussite ou l’adhésion de mes collègues. C’est un choix compliqué. Transmettre des idées sans heurter n’est guère facile. L’art du jeu me plaît car il est amusant de ne savoir à qui l’on a à faire, tout comme la confrontation des idées, justement, est aussi un jeu qui me paraît plaisant. Il permet justement de se rendre compte que, peut être, on se trompe ou qui du moins permet de faire avancer le débat et peut être de l’enrichir. Tout du moins la rencontre d’idées permet aussi de rencontrer des personnes ou de les découvrir...

Epona : Et si je vous dis que je vous connais, je sème le doute en vous?

Vito : Oui, vous parvenez à semer le doute, mais aussi vous soulevez chez moi certaines interrogations comme qui, pourquoi, comment. Je dirai même qu’ici le doute rapide et soudain laisse place à la curiosité...

Epona : Le doute conduit donc à la curiosité, la curiosité suppose une recherche et la recherche conduit à la connaissance. Je commence à comprendre votre réflexion. Pour répondre à vos questions, qui ? À vous de chercher mais ne seriez-vous pas un héritier inventé de Dumas ? Au «pourquoi», j’ai déjà répondu. Au «comment», je répondrai que l’outil le permet
Au fait, quels sentiments éveillent en vous le doute ?

Vito : Voilà ce que je recherche dans le doute : la recherche, la découverte, un avis qui me «dérange» parce qu’il ne va pas dans la même direction que moi et qui me contrarie mais qui m’oblige à regarder dans une nouvelle direction que je n’avais pas regardée...
Les sentiments que me font vivre le doute sont diffus, nombreux et dépendant de la définition que l’on donne aux mots sentiment. La aussi, je pense que chacun donnera une définition, un sens et des sentiments différents selon sa perception et l’expérience qu’il a du doute.
A l’intuition, je répondrais l’envie d’apprendre, de découverte. A l’opinion le sens critique et l’obligation de me remettre en question dans mes choix mais surtout d’accepter ceux des autres (ce qui n’était que rarement le cas avant et qui est encore difficile aujourd’hui). A l’état affectif, je dirai que je le ressens comme un trouble, une sensation d’angoisse, de peur parfois, mais surtout de croire que je  ne serai pas à la hauteur. Un sentiment que l’on pourrait qualifier de sentiment d’infériorité. Mais si j’arrive à dépasser ce trouble, à avancer et surtout à me dépasser alors là, je dirai un sentiment de fierté.

Vito : je me permets de vous retourner la question : quels sentiment éveille le doute en vous ?

Epona : Mmmm... La technique de renvoyer la question à l’autre. Mais je vais vous répondre.
J’adhère à vos théories mais je me connais et je doute peu car la vie fait que le doute ne m’est pas trop permis. Pour moi, il faut prendre des décisions rapidement, les faits sont là !!! Les autres ne nous laissent plus trop le temps de réfléchir ou de douter. Nous sommes dans une société où il faut tout, tout de suite. C’est vrai que cela contredit vos théories mais tenez-vous compte dans vos raisonnements des impératifs organisationnels, de la clientèle, des collègues, des enfants...? Il me semble d’ailleurs que votre métier vous impose une certaine cadence (en radio, je crois)

Vito : Je suis d’accord avec vous sur l’ensemble de votre raisonnement et même régulièrement j’y adhère : le tout, tout de suite vient de notre société de consommation où justement le client est roi, paye pour cela (comme il se plaît à nous le rappeler) et où le soin est devenu un bien de consommation à part entière mais, même dans les cadences infernales, je retrouve cette idée où je me dis que j’aurais pu mieux faire, ou bien que la prise en charge de mon patient n’était peut être pas la plus optimale. Je doute en fait quand je suis seul, quand je réfléchis à ce que j’ai fait de ma journée et je me pose des questions. Je réfléchis sur mes gestes, mes aussi sur mes comportements.
Je me dis que le doute est propre à chacun, que chacun cultive une part d’incertitude... Ou justement qu’il cherche la certitude.

Epona : Que faites-vous lorsque vous vous trouvez devant un douteur «comme vous», avez-vous tendance à le rassurer ou doutez-vous ensemble?

Tibère : Chère Epona, tu as un caractère bien trempé. Je dirai que tu mènes ta vie d’une main de maître mais je doute que tu ne doutes jamais (je me permets de te tutoyer). Je crois que le fait de participer à ses discussions te fait déjà douter sur tes certitudes.

Vito : Lorsque je me retrouve face à un douteur, tel que moi, j’ai plusieurs possibilités qui s’offrent à moi, en imaginant que le doute provient d’un manque de maîtrise : soit j’ai la maîtrise et j’aide la personne sans lui donner la réponse. Je m’explique permettre à une personne de trouver elle-même la solution est plus enrichissant de que de lui fournir la solution toute faite. Soit je doute autant que lui et pourquoi pas y réfléchir ensemble.

La certitude n’est jamais infinie, je dirai même qu’elle est définie. Définie par les connaissances actuelles et que sans y repenser elles n’avancerons pas. Je pense qu’il ne faut pas douter pour dire de douter et que le doute peut devenir négatif ou que l’incertitude d’un cadre déstabilise l’équipe qu’il guide si celle-ci n’est pas «apte» à comprendre sa démarche. La certitude peut aussi devenir un inconvénient ! Que se passerait-il si un infirmier en chef est certain de se qu’il avance alors qu’il est dans le faux. Continue-t-il sur son erreur ?

Epona : Cher Tibère qui est sorti de sa tanière. Sans aucun doute, tu sais (je me permets aussi) que je suis déesse gauloise et toi empereur romain. Que ton auguste personne ne soit pas froissée mais un de tes prédécesseurs a dit «de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves». Je suis gauloise et belge. Le doute n’est plus permis, tu me testes. Mais à réfléchir, nul doute que ces discussions me font réfléchir mais point fléchir.

A Vito, ta réponse est impressionnante. Cependant comment réagir avec ces chefs qui pensent toujours avoir raison ? Faut-il les contrer ? Se taire ? Accepter ? Les faire douter?

Vito : «Cependant comment réagir avec ces chefs qui pensent toujours avoir raison ? Faut-il les contrer ? Se taire ? Accepter ? Les faire douter ?» Se taire, contrer, accepter sont des termes qui sont contraires à la construction. Sources de conflits, d’agressivité, de fuite, ils n’amènent rien, tout du moins au niveau du développement personnel. Tout juste peut-on espérer une remise en question de leur part en les contrant mais alors nous les ferions douter ce qui est votre dernière proposition. L’opposition et le partage sont créatifs, encore faut-il que les deux soient présents !

Ces discussions te font réfléchir (je me permets également) mais pourquoi, éprouve tu un doute sur la certitudes de tes positions, de tes convictions ? Si tu réfléchis c’est que tu te poses certaines questions... Le fait de parler du doute te fais déjà réfléchir sur la manière dont tu te perçois, dont tu conçois l’équipe et son meneur, la famille et ses membres, bref ce qui t’entoure !

Epona : Hé bien, ils sont deux sur mon dos mais c’est pas grave, j’apprécie l’opposition. Encore deux et j’aurai tous les mousquetaires sur le dos. Un pour tous et tous pour un. Je vais faire un geste, je laisse tomber mon mouchoir, lequel de vous le ramassera ? Je l’avoue, je doute aussi et notamment sur l’avenir de tout en général. Ce qui me fait dire que le doute comme je le ressens parfois est plus une peur de l’inconnu mais est-ce nécessaire d’avoir peur ? J’ai souvent remarqué que quand j’avais confiance en l’avenir, celui-ci se déroulait comme je l’imaginais. ...à la fin de l’envoi, je touche !!! Voilà que je confonds Edmond et Alexandre.

Tibère : Te prendrais-tu pour Milady de Winter ? Attention à la schizophrénie. Je connais aussi les mousquetaires mais... grâce aux Charlots, comme quoi la culture s’acquière de toutes les façons. Tu me fais penser tout à coup à la compagnie créole ... derrière mon loup, je fais ce qu’il me plait, me plait... Pour te rejoindre dans ton raisonnement (je ramasse donc le mouchoir), le masque ne cacherait-il pas la peur et la peur, le doute ? ... manqué, j’avais mis mon armure !!!

Vito : Je ne pense pas que tu ais les mousquetaires sur le dos, simplement des points de vue divergents qui croisent le fer comme par exercice mais je  serai un peu moins catégorique que mon ami Tibère. Tu as quand même réussi le point, tu as marqué, mais pas en plein coeur, sur la main, celle de l’écriture. Tu marques dans mon travail car grâce à toi je suis certainement moins catégorique. La peur n’évite pas le danger, mais la «prudence» est mère de sûreté. Robin décocha la flèche suivante en te demandant si tu n’as jamais pris conseil auprès de tes pairs.

Epona : Merci pour le compliment. Il serait prétentieux que je dise que je n’ai jamais pris conseil. On ne peut avancer seule dans la vie. Néanmoins, j’ai toujours choisi la personne auprès de laquelle je cherchais des conseils. Et ce n’est certainement pas son grade qui était important. Une aide-soignante a parfois de meilleures idées qu’un cadre. Je travaille beaucoup aussi avec la confiance, je ne dois pas douter de la personne qui est en face de moi, sinon je me ferme.

A Tibère, je répondrai qu’il n’a pas tout à fait tord. Oui, le loup peut masquer la peur mais c’est peut-être mieux ainsi. Ne pas savoir qui je suis peut permettre un échange plus honnête puisque qu’il n’y a pas de jugements physiques qui interviennent dans la discussion, vous ne me connaissez pas. Le jour où vous saurez qui je suis, certains seront déçus voir peut-être en colère mais l’anonymat est reposant. Rassurez-vous, le jour arrive à grand pas où je disparaîtrai de vos vies. Telle est la volonté de mon support.

Vito : A ce niveau-là, je te rejoins, la personne que tu choisis, tu ne le fais généralement pas par hasard. Maintenant, je voudrais te demander pourquoi tu demandes conseils auprès de quelqu’un ?
Je me permettrai une deuxième question, pourquoi disparaître de nos vies ? Le support peut devenir réel et entraîner une autre dynamique...

Epona : Je vois où tu veux en venir. Oui, quand je demande conseil, c’est bien quand je doute ou pour chercher à savoir si la direction que j’ai empruntée est la bonne. Mais je préciserai que le choix m’est toujours donner de ne pas suivre les conseils, les conseillers ne sont pas les payeurs. Mais j’avoue que tu marques le point. A la deuxième question, je répondrai que la personne qui me gère en a décidé ainsi. De plus, elle est plus têtue que moi. Pour te dire ! Au fait, que penses-tu de l’expression courante: «le doute n’est plus permis» ? Es-tu d’accord ?

Vito : Je pense que le doute n’est plus permis à partir d’un moment. Je m’explique : rien ne sert de réfléchir pendant 100 ans, à un moment donné, il convient d’agir, sinon le doute n’est plus constructif mais stérile. Je pense que cette expression courante devrait être atténuée, car même en ayant le sentiment que le «bon choix» est fait, une petite voie intérieure nous demande encore : sûre de toi ? Finalement peut-être oui, peut-être non. Le tout est de savoir quand s’arrêter et avancer... Qu’en penses-tu ?

Epona : D’accord avec ça. Mais que fais-tu quand c’est un autre qui te dit ça et que pour toi, il n’en est pas de même ? En fait, l’autre te pousse à agir mais toi, tu doutes toujours. Lui fais-tu confiance ?  Et si c’est une personne en qui tu n’as pas confiance ou si ses décisions te font croire que vous irez dans le mur ? Et si cette personne est ton supérieur ?

Vito : Il est toujours difficile de faire un choix. La confiance est importante que ce soit au travail ou chez soi. La divergence d’opinion est parfois constructive, parfois destructive. Supérieur ou pas, le fait de pouvoir exprimer son avis est primordial. Maintenant, certains n’acceptent pas les remarques de leurs subordonnés. Quand on est le supérieur et que l’on pense aller dans le «mur», on peut encore décider de changer de direction. Quand on est subordonnés, cela devient plus difficile, l’influence peut être un moyen, une certitude certainement pas. Le dialogue franc est de mise, mais est-ce toujours le cas ?

Epona : La franchise, parlons-en ! Qui, de nos jours est franc ? Personne ne peut plus dire ce qu’il pense sous peine de choquer et d’être exclu. Bien sûr, il faut éviter d’être blessant et peser ces mots mais nous ne pouvons être franc à 100 %. Je me pose une question : le doute ne pourrait-il pas servir d’excuse à la certitude ? Exemple : un cadre, sûr de lui, veut instaurer une nouvelle règle ou organisation... Il est certain de son fait mais se retranche derrière le doute pour ne pas transmettre sa volonté personnelle d’imposer son idée. «Bon, je vous propose ça mais si ça marche pas, on arrête» tout en sachant qu’il ne compte pas arrêter. Qu’en penses-tu ? La méthode est-elle honnête ?

Vito : Je dirai d’abord que c’est de la manipulation et que ce genre de chose, surtout avec une équipe d’infirmières, ne marche qu’une fois. La manipulation est vite repérée et le cadre risque fort de perdre l’estime et la confiance de son équipe. Je pense effectivement que le doute peut servir d’excuse à la certitude mais pas en tant qu’arme de la manipulation. Expliquer à son équipe que nous avons un doute sur une technique, une organisation que nous trouvons en inadéquation, mais surtout réfléchir ensemble, avec l’équipe et ne pas instaurer sa solution. L’idée semble simple et pourtant elle demande un travail sur soi-même. Qui pense que sa solution n’est peut-être pas la meilleure et que quelqu’un d’autre peut proposer mieux (surtout s’il n’est pas chef !) ?

Concernant la franchise, je suis tout à fait d’accord avec toi avec une nuance en plus, parfois c’est notre direction qui nous demande de pas être franc, de détourner ou de cacher les paroles. Un procédé que je trouve parfois compréhensible mais qui n’est ni évident, ni honnête. La franchise est devenue rare.

Epona : Merci pour ta franchise en tout cas ! Je ne crois pas que la direction nous demande de ne pas être franche mais simplement d’être prudente. Tout comme l’honnêteté, la franchise ne paie pas. Je l’ai déjà vécu plusieurs fois. Je crois qu’il existe tellement de stratégies (parfois destructrice de la part des autres) dans toutes les strates de la hiérarchie, qu’il nous est recommandé de ne pas tout dire, de laisser des zones d’ombre. Nos idées, divulgations peuvent devenir des armes que les autres utiliserons contre nous. Attention, je ne prône pas le mensonge ou la rétention d’idées à outrance mais je pense que le cadre doit être fin stratège pour se protéger en premier lieu et protéger son unité. Et le doute peut servir de stratégies contre les stratégies «ennemies». Qu’en penses-tu ?

Vito : Je comprends ce que tu veux dire et effectivement, le doute peut devenir stratégique mais à ce moment-là, je dirai même qu’il devient nocif. Faire douter pour contrôler... Ce n’est pas franchement la recherche que j’en ferai ou les fins que je destine au doute. Stratège, le cadre doit l’être au risque de perdre son autorité. Je ne dis pas manipulation mais influence. Explique à tes subordonnés pourquoi tu fais cela et même si ta décision leur est difficile « à avaler «, il finiront par comprendre, sème le doute en eux pour arriver à tes fins et ils finiront par ne plus te faire confiance. Le doute ne doit pas servir d’arme destructrice mais d’arme constructrice. Apprendre, connaître, connaître par soi-même, OSER. C’est le verbe que je préfère...

Epona : Je ne parlais pas du doute dans la stratégie, mais bien de remettre en doute la franchise. Sinon, je suis d’accord avec ton raisonnement. L’autorité est un mot que je n’aime pas. Je ne suis pas à la recherche d’autorité derrière lequel nombre de dirigeants se retranchent pour masquer leurs incompétences. Elle est juste nécessaire quand la personne en face manque de respect pour les patients, son travail ou ses collègues. J’aime aussi le verbe oser mais je crois que tu as oublié le premier de la liste: se connaître et je crois que le doute peut amener à mieux se connaître.

Vito : Tout à fait d’accord avec le verbe se connaître. Mais quelque part je pense que pour oser, il faut se connaître et l’essai permet aussi de se découvrir encore un peu plus dans ses qualités, ses défauts, ses erreurs, ses réussites. L’autorité est malheureusement parfois nécessaire face aux dysfonctionnements. Le respect est une de mes valeurs essentielles. Le doute de la franchise. Notre sphère professionnelle ira sans doute un peu mieux si les relations étaient plus franches mais avec un risque de conflits plus réguliers. Plaire ou surtout ne pas déplaire...

Epona : Quand tu doutes de quelqu’un, quels sont les sentiments, les idées qui viennent à toi ? Que fais-tu pour dépasser ce doute ?

Vito : Je pense que quand tu doutes de quelqu’un, à toi de découvrir pourquoi. Pourquoi tu doute de lui, pourquoi cette «peur» de faire confiance à l’autre capable de saborder la relation que l’on a avec.
Les sentiments ? Je ne saurais te dire, je pense que le premier serait un sentiment de peur, mais je me ressaisis rapidement. Le respect de l’autre est quelque chose de très important à mes yeux et je pense que le fait d’être honnête, au risque de choquer, est important. Mais nous y revenons : la franchise et non pas le masque...

Epona : Je vois que tu as de nouveau le temps d’écrire. Hé oui, comme toi, j’ai été aussi occupée par le m...otfe. A toi de deviner s’il s’agit du micro ou macro. Je sais que tu as remis ton travail. As-tu des doutes sur ton sujet ou sur ton développement ?

Vito : Hé oui, j’ai un peu plus de temps pour écrire. Concernant la remise de mon travail, deux possibilités, soit tu es dans ma classe et tu l’as reçu, soit une personne t’en a parlé ? Mon sujet porte au doute, oui j’en doute, oui je trouve qu’en trois ans, il a évolué, oui je pense qu’il peut encore évoluer et oui certaines de ses parties laissent planer des doutes... La vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain. Mais toi, est-ce que ton travail laisse entrevoir certains doutes chez toi ?

Epona : Cher Vito, comme tu le dis, un travail n’est jamais fini. Oui, j’ai des doutes sur ce que j’ai réalisé. Je dirai qu’il s’agit de l’amorce. Par amorce, j’entends le début et je crois que je ne verrai jamais la fin. Mais par amorce, je peux aussi entrevoir les boulettes que les pêcheurs lancent aux poissons pour les attirer à l’hameçon. Mon travail est peut-être une boulette. Je n’en sais rien mais le sujet me plaît et c’est peut-être le principal; se sentir bien avec. Le but du pêcheur est d’attirer du gros poisson. Le poisson est dans notre cas le lecteur. Je ne cherche pas spécialement le plus gros mais certainement le plus de poissons possibles. Et si le poisson mord, alors j’aurai peut-être réussi. Mais ce travail, je le fais d’abord pour moi, pour voir si j’en suis capable. Et là aussi, j’en doute depuis plus ou moins 83808000 secondes.

Vito : Voilà, nous sommes d’accord sur un nouveau point. Le sujet me plaît. Certes, il est déstabilisant mais il me plaît car je m’y réalise... N’est-ce pas là aussi un des points essentiels. D’accord avec toi aussi quand tu dis que le but est de toucher un grand nombre. Mais ne fut-ce déjà que sa propre unité ou son entourage reste déjà un pas de géant et pourtant si minime à la vue du monde. Mais qu’elle est le titre de ton sujet ? Ou un mot le définissant.

Epona : Si je te le dis, tu sauras qui je suis. Que faire ? Pourtant de temps à autre, je laisse des indices. Patience, bientôt, tes doutes se dissiperont. Le but du sport est de se sentir bien, de se mettre en forme. Mon sujet aussi... On peut même parfois parler de compétition pour ceux qui en ont.

Vito : J’y ai réfléchis depuis tantôt et je dois dire que, malgré les indices, je ne trouve pas... Pour mon macrotfe, une autre idée m’est venue à l’esprit : si au moins, je touche les gens en provoquant chez eux une certaine réaction, alors au moins une petite partie du chemin sera effectuée. Il restera alors à pouvoir engendrer un dialogue avec eux ... comme nous l’avons fait et le faisons encore tous les deux...

Epona : tout à fait d’accord avec toi. Le travail ne sert pas à grand’chose s’il ne suscite pas de retour des autres. Elaborer un tfe, c’est un peu comme labourer un champ, si rien ne pousse après, alors ce travail ne sert à rien. L’idéal est de se nourrir à notre tour avec ce qui y poussera, qu’il s’agisse de laids chardons ou d’un blé resplendissant. Cela me fait un peu penser à la morale du laboureur et ses enfants. Après le pêcheur, le paysan!

Vito : Je pense que le tfe est un exercice pour soi dans un premier temps et pour tous en second temps. Le doute m’est ainsi apparu et la première réaction de mon entourage a été une non-compréhension. Au fil du temps en discutant et en expliquant mon point de vue ainsi que les avantages et les inconvénients inhérents à cette pratique, l’idée leur semble de moins en moins incongrue. Parler, discuter, échanger, mais aussi écouter, comprendre sont des verbes important pour les élèves que nous sommes toi et moi... Mais aussi pour les futurs cadres que nous seront (tout du moins je l’espère). Depuis que nous discutons sur ce sujet, est-ce que ta vision du doute a évoluée ?

Epona : Oui mais comme je ne sais pas où tu veux vraiment en venir, je me suis procuré ton travail via une personne de ta classe. Aie, j’en dis trop. Si tu veux, je me permettrai de te poser quelques questions quand je l’aurai lu. Es-tu d’accord ? Ce serait vraiment bien si je pouvais assister à ta présentation du 23. Si pas, il y aura toujours la possibilité d’assister à ton TFE. Indice supplémentaire : le titre de mon m...o tfe comporte un mot dont ses enfants sont des itinérants.

Vito : Pas de soucis pour les questions, peut-être même que celles-ci me permettront de découvrir de nouvelles choses auxquelles je n’avais pas pensées. Mais pour moi, je ne vois aucuns soucis à ce que tu sois présente le jour de ma présentation. Le débat, le questionnement et l’échange sont justement ce que je recherche. Tes questions me seront d’ailleurs d’une grande utilité pour préparer mon épreuve intégrée et la développer. Mais pour le moment, je ne vois qu’une fille de ma classe comme possibilité car tous les indices que tu laisses ne me sont utiles que si j’ai les titres des travaux remis. Or, je n’ai que ceux de troisième...

Epona : Bingo Hercule Poirot.

Vito : Merci Agatha, pardon Epona, enfin je ne sais plus... Ou plutôt si je sais... Ironique ou pas ta réponse ? Je me pose la question, ce qui en entraîne d’autres. Pourquoi avoir pris la peine de prendre un autre pseudo ? Non pas seulement parce que le support médiatique le permet, je pense qu’il y a une autre raison.
Mais laquelle ?

Epona : La raison se trouve en partie dans la discussion de Katia. Une des plus belles oeuvres d’A. Christie est certainement le meurtre de Roger Ackroyd que je te conseille vivement. Dans le genre policier, elle a certainement la plus belle plume. Il est étrange que tu parles de média, Tibère serait-il derrière toi ? Voilà que tu retournes l’instrument contre moi. Essaierais-tu de me faire douter ? Au fait, dans ton macro, au niveau de tes motivations, as-tu l’impression que le doute s’est emparé aussi de tes camarades de classe ? Qu’est-ce qui pourrait faire que certain(e)s doutent moins ou plus que d’autres face à cette épreuve ? Le doute est-il si éloigné que ça de la peur ou est-ce différent ?
Miss Marple (je préfère car comme elle, je ne suis que fiction).

Vito : Epona, dans un premier temps, je répondrai à ta question. Oui le doute est différent d’une personne à une autre, déjà parce que c’est nous qui lui donnons son intensité. Les épreuves que nous traversons forgent une expérience qui nous permettent de douter avec plus ou moins d’intensité.
Je pense que le doute est différent de la peur. Rapprochée mais différente. Je pense que la peur reflète plutôt la confiance en soi ou en l’autre. Tandis que le doute nous renvoie vers un sentiment d’incertitude et de questionnement. Je ne suis peut-être pas dans le vrai, mais c’est comme cela que je le perçois.

Chère Epona, pardon chère Miss Marple, pardon cher ami, la fin de la troisième arrive à grand pas. J’espère que le support te laissera vivre encore quelque temps, j’y ai pris goût... Le premier sentiment à la découverte du masque a été une question : pourquoi ? Pourquoi t’être ainsi transformé, à ce point. La colère, certainement pas, de temps à autre de l’agacement, d’avoir toujours cette réponse qui dérange, non-conforme et pourtant agréable à discuter, à disputer. Nous en avons parlé et je pense que la frustration de ne pas connaître était présente car je n’avais justement pas de prise, de réelle emprise sur le support...

Merci, grâce à toi, j’ai pu entrevoir de nouvelles perspectives sur mon travail, me remettre en question et aussi me montrer que j’étais parfois un peu trop catégorique. La franchise n’est peut-être pas l’apanage de notre monde mais le masque a ceci de sécurisant qu’il l’a permet dans les propos concernant le sujet. Le doute, tu l’as semé en moi, comme un professeur a déjà réussi à le faire... Je m’y suis entraîné et pourtant, j’y suis retourné non en une certaine émotion. Finalement cette expérience m’a été bénéfique, m’obligeant à me découvrir et me re-découvrir, à me retrancher derrière mes limites, à les accepter (ce n’est pas le plus facile pour moi), à argumenter, à critiquer. Finalement, nous avons fait vivre le support, que les autres puissent profiter de cette expérience...

Epona : Vito, même si le support est important et contribue certainement à la réussite ou pas de l’impact d’un message. Il n’est pas tout. Sans ton concours et ton sujet, l’échange n’aurait pu avoir lieu Ce jeu m’a permis d’obtenir des infos de ta part que je n’aurais pas eu si tu avais su qui j’étais. Donc, être connu n’est pas toujours un avantage. Je suis content si cette discussion t’a aidée mais crois bien que c’est réciproque. C’est le principe du feedback (nourrir à nouveau). Malgré tout, ma création s’est déjà éteinte. Je n’ai pas envie de finir chez Gégé et Katia. Elle sera tout de même là le 23 avec ses questions.
Adios Amigos
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MOBILITE & POLYVALENCE

MT : Curieux mariage ... La première reste souvent décriée, considérée parfois à tord, parfois à raison, comme une sanction (triste management). Et pourtant ! La seconde s’oppose fermement à une tendance forte de nos métiers : la spécialisation ! Mêler deux grandes problématiques dans une thématique est bien audacieux. Cette complexité n’est pas source de valeur. Interrogeons-nous avant de décrier ou s’écrier !

Epona : Une fille de mon équipe m’a dit un jour : «on ne dit pas polyvalence mais polyvaillance» Je ne l’ai jamais oublié car criant de vérités. Les supérieurs nous demandent d’être compétentes dans de nombreux domaines, même dans des domaines qui ne sont pas les nôtres. Je crois qu’il serait bon de définir correctement ce terme. Etre polyvalent se résume pour moi à pouvoir toucher à tout sans pour autant en être capable.

Katia : La mobilité permet pour ma part d’ouvrir notre champ de compétences, d’accéder à de nouvelles compétences, de découvrir et de se découvrir... ce qui est en effet malheureux c’est que parfois elle est utilisée comme sanction, mais cette sanction vécue par la personne peut lui être bénéfique. Un petit coup de pouce de notre hiérarchie, même si parfois vécue, comme injuste, nous permet, je pense de sortir de nous mêmes, de se rendre compte que rester cantonné à nos habitudes nous enferment dans la routine, et nous ferment les yeux à certains dysfonctionnements.
pour la polyvalence, je crois qu’à la base la profession infirmière est polyvalente, nous abordons lors de nos stages différents terrains, nous nous essayons, mais en sortant de l’école nous ne sommes pas «finis», nous avons approché, nous avons certaines connaissances, il nous reste à trouver notre voie.
La spécialisation peut avoir un aspect réducteur car on limite le champ de compétence à une spécificité, et c’est peut être un danger mais aussi une question de choix. Le tout est je pense de rester ouvert à d’autres approches, et de ne pas garder le nez sur le guidon.

Epona : La spécialisation permet à ceux et celles qui le sont de se consacrer à ce qu’ils aiment dans leur profession. Néanmoins, certain(e)s se spécialisent dans le but de réduire leur champs d’action professionnel. Ils s’enferment ainsi ou plutôt se réfugient derrière leur diplôme pour travailler un peu...moins. La spécialisation devient alors l’excuse de ne plus faire ce que je faisais avant. Alors qu’elle devrait permettre de mieux faire ce que l’on faisait avant. Beaucoup l’oublie. Ce qui explique l’antagonisme entre polyvalence et spécialisation.

Syl17 : Je ne rejoins pas l’idée d’antagonisme même si il peut y avoir doute. Je pense pour ma part que nous pouvons exercer notre spécialisation en faisant preuve de polyvalence si nous la voyons pour ce qu’elle est : un plus. Le perçu d’enfermement dans un cadre hyperspécialisé est souvent dû à une politique d’entreprise (voire de SPF) et non à une volonté de l’infirmière. Cependant, peu d’elles se rendent compte de cette influence managériale - et ce pour différentes raisons (métro/boulot/dodo) - et relèvent ainsi la tête «trop» tard ? Dans un contexte dit de pénurie, la polyvalence ET la spécialisation sont des atouts majeurs tant pour la qualité du soin donné que pour la qualité du job vécu.

Epona : Pourtant l’humain aime la stabilité et la répétition. Il se sent mieux dans ce qu’il connaît. Je pense que la mobilité est nécessaire afin d’éviter la routine. Par contre la polyvalence est une notion à définir et dont il faut poser les jalons avant de l’instaurer afin de ne pas imposer des taches, des fonctions qui n’incombent pas forcément à tous les travailleurs. La polyvalence est une notion qui arrange bien les employeurs car il permet d’éviter d’engager d’autres travailleurs. Je sais que c’est la crise (terme cher à Tibère) mais...

Rony : Je suis spécialisé... et pourtant je suis aussi un grand défenseur de la polyvalence et de la mobilité. Je pense que pour des cadres, elle est un outil managérial qu’il ne faut pas perdre de vue. Cela dit, cette mobilité doit être instaurée sur base du volontariat et sans trop passer du coq à l’âne. Je trouve qu’elle devrait être organisée par pôle d’activités. Dans ces conditions, spécialité et polyvalence ne sont pas incompatible. La polyvalence doit d’abord être technique pour tendre petit à petit, quand la technicité de l’unité n’est plus une barrière, vers une polyvalence d’esprit plus globale et intégrée dans les soins. Les unité spécialisées (psychiatrie, salle d’opération, consultation, maternité, pédiatrie, stérilisation, imagerie, urgences, USI, ...) sont souvent un peu délaissée par les équipes dites mobiles et quand enfin on les prends en considération, les personnes qui y viennent, si qualifiée soient-elles, sont très inquiètes. De plus, quand on décide de mobiliser l’équipe mobile pour ces unités «spéciales», c’est souvent dans un climat d’urgence, quand il y a un manque de personnel, au moment où les spécialistes ne sauront pas prendre en charge correctement le nouvel arrivant. A réfléchir, c’est à mon sens un challenge pour le futur. A suivre...

Epona : Je suis un peu troublée. Tu es spécialisé mais tu acceptes que des non-spécialisés fassent ton job.  N’est-ce pas dangereux ? Je crois que le délaissement des unités spécialisées est peut-être due au fait que les détenteurs d’une spécialité ne sont pas tous et toutes prêts à partager leurs savoirs. Les spécialistes sont détenteurs du savoir et donc de ....pouvoir ! Je crois que la façon dont est partagé ce savoir influe beaucoup sur l’intégration d’un non-spécialisé dans une unité.

Rony : Epona, ce que tu dis n’est pas faux. En effet, beaucoup de spécialisés (et c’est lamentable mais sociologiquement compréhensible) considèrent que eux seuls savent faire le «boulot» correctement et ont des difficultés à partager leurs savoirs, leurs attributs sociologique. Ils intègrent difficilement les non-spécialistes ? Cela dit, il y a une différence entre la technique, le savoir faire et une vision plus globale de la spécificité du job. Certaines personnes non-spécialisée le deviennent informellement par le temps et surtout la volonté d’apprendre. En revanche, celles qui ne viennent en service spécialisé que de manière occasionnelle pourront intégrer à la longue les compétences techniques mais auront toujours plus de difficultés à avoir une vision globale de ce job. De plus je n’ai pas très peur pour mon job car, la LOI est avec nous (pour l’instant), elle réclame des spécialistes dans les unités spéciales. Par contre, pour obtenir 100 % de spécialistes dans les unités, il faudrait les cloner ou les y attirer d’une manière ou d’une autre. En attendant, n’importe quelle infirmière peut être amenée à travailler dans des unités spécialisées, donc il est de notre devoir en tant que spécialiste d’intégrer et de former les gens qui veulent encore venir chez nous à condition qu’ils montrent une volonté et une motivation à apprendre. Voilà pourquoi, je trouve qu’il faut mobiliser le personnel par pôle d’activité en respectant les spécialités. De plus, que fait-on des unités «spéciales» non spécialisées, comment y amener une forme de mobilité (atout managérial) ?

Epona : Si la Loi n’était pas avec toi, tu penserais autrement ? Pour le reste, je suis assez d’accord avec toi. Pour attirer les individus à se former, que suggères-tu ?

MT : On ne connaît pas encore la durée de vie de ces «spécialisé(e)»s, le plus souvent en techniques, et même en techniques médicales. Ils sont donc de bons petits soldats palliant l’insuffisance d’un autre corps professionnel. On sait mieux, et là où la loi est, le lobby y a été avant, la manne (€) que dégage ces formations plus ou moins spécialisées, plus certificatives que profesionnalisantes, pour les instituts de formation. Ce phénomène est très visible en Belgique par la pilarisation forte de nos systèmes, mais elle existe partout. Histoire d’appliquer un principe économique tant à l’hôpital qu’à l’école ! Enfin, on n’a toujours pas évaluer le retour sur investissements, le rapport coût-bénéfice de cet accroissement certificatif sur la qualité des soins, sur la reconnaissance professionnelle des soignants, sur le développement de projets adaptés à des publics particuliers, sur les économies générées par cette approche plus «professionnelle» du patient, ... pas plus que sur le turn over de ces personnels. Vont-ils tenir 40 ans ? Le soignant a une double identité ; n’oublions pas de penser chacune de ces notions sur les deux volets. Les managers ont tendance à se replier (vous pouvez lire se spécialiser) sur la seule identité au travail où polyvalence rime avec flexibilité.
La loi est nécessaire, JAMAIS suffisante !

Rony : Ne connaissant pas toutes les spécialités, je plaiderai donc pour la mienne : SIAMU.
Historiquement, les infirmières ont toujours été les bras armés des médecins. Ce n’est que depuis quelques dizaines d’années qu’elles se sont tournées (en théorie au moins) vers leur rôle propre. Pratiquement, dans les hôpitaux, elles continuent à exécuter les actes B2 et C et n’ont que peu le temps pour leur rôle autonome (B1), et la partie de ce rôle qu’elles exécutent est surtout technique. Par rapport à l’exécution de ces techniques, les infirmières des services d’urgences et de réanimation ont constatées que leurs unités étaient différentes des autres, elles avaient des soins spécifiques qu’elles devaient apprendre « sur le tas « avec plus ou moins de compréhension selon le formateur (souvent médecin) qu’elles avaient. Face à ce constat, les associations professionnelles (ACN, SIZnursing, AFIU, …) ont mis en place des formations courtes pour pallier à ce manque de connaissance et de compréhension. Plus tard, voyant la quantité de données que représentaient ces formations, les pouvoirs publics de l’époque ont crée la spécialisation et les écoles en ont certes tiré des bénéfices, créant avec les hôpitaux des réseaux d’apprentissage. Parallèlement, la formation de base des infirmières s’est aussi étoffée et a commencé à enseigner le travail spécial des unités spéciales. Personnellement, à l’exception de la gestion de catastrophes et de quelques « techniques « spécifiques des soins intensifs, je n’ai pas appris énormément de nouvelles choses lors de la spécialisation. En revanche, cette quatrième année a le grand intérêt de permettre de faire des liens entre toutes ces connaissances, d’intégrer ses propres savoirs et de mieux comprendre son travail, elle intellectualise les soins infirmiers. Malheureusement la spécialisation SIAMU retire un peu l’infirmière de son rôle infirmier car effectivement elle apprend en partie et de plus en plus (modification de la liste d’actes) à palier aux carences d’autres professions (gestes salvateurs oblige…l’infirmière est toujours là, et en plus elle ne coûte pas très cher). Pour moi, il y a plusieurs types d’infirmier SIAMU :

  1. ceux qui sont des médecins refoulés (par incapacité, manque de courage, manque de moyen, …) mais qui s’élèvent socialement en jouant les petits docteurs ;
  2. ceux qui se protègent des services « routinier « ;
  3. ceux qui se sentent incapables de travailler tout de suite en sortant de graduat ;
  4. ceux qui ont toujours voulu sauver le monde ;
  5. ceux qui ne savent pas où travailler ailleurs, qui hésitent ;
  6. ceux qui veulent faire pin-pon et avoir un bel uniforme ;
  7. ceux qui sont déjà dans le système en étant pompier ou ambulancier ;
  8. ceux qui ont constaté par leur stage d’urgences, qu’on y faisait un travail spécial, différent des autres stages ;
  9. ceux qui ont aussi constaté que la dotation en personnel des USI permettaient un nursing réellement intégré et un travail proche de celui enseigné dans les écoles ;
  10. et d’autres encore…

Il s’agit là d’une typologie, je pense que chacun de nous peut ou a pu se retrouver, à un moment, plus ou moins fortement, dans chaque situation. Mais tous ces styles ont néanmoins un point commun : ils rassemblent des passionnés des soins aigus. Des gens motivé qui aiment leur travail, qui sont motivé et qui aime transmettre leur passion aux autres. L’épuisement des infirmières spécialisées est à mon sens identiques à celui des non-spécialistes travaillant en services aigus. C’est le travail de ces unités qui épuise, pas le fait ou non de posséder un diplôme supplémentaire. En revanche, il serait dommageable (comme dans d’autres spécificités) de fixer à tout jamais les infirmières SIAMU dans les services aigus. Qu’elles aient été aux urgences ou en USI, elles ont rencontré tous les types de patients, des enfants aux vieillards, de la médecine à la chirurgie en passant par la gynéco et la psychiatrie. Selon une étude française, les infirmières des services aigu sont les plus polyvalentes (Drevet Géraldine, « Polyvalence : pour ou contre ? «, in Objectif Soins, n° 111, décembre 2002, pp. I-XIV). L’avenir nous dira qui sont ou qui étaient ces spécialisés en soins intensifs et aide médicale urgentes. J’invite vivement les « spécialisés « des autres services spéciaux de notre communauté à se pencher sur la question…et les autres aussi bien sûr.

Epona : Ne prend pas mal ma réaction mais je ne sais pas comment je dois te lire. Si je saisis bien ton raisonnement : «la quatrième année intellectualise les soins infirmiers» !!!!!  L’infirmière qui ne fait pas de spécialisations est moins apte à comprendre les soins infirmiers ???? Je suis aussi spécialisée mais je ne me sens pas plus apte qu’un non-spécialisé mais cet enseignement supplémentaire me permet de «travailler» autrement et je partage ces acquis avec les collègues.
Je trouve par ailleurs que tu te focalises beaucoup sur les services «aigus» comme s’il s’agissait des seuls services intéressants. Tu auras compris que je n’en fais pas partie.
Dis-moi si je me trompe mais tu aimes la technicité et c’est très bien, il en faut des techniciens mais n’oublie pas les autres.

Rony : Je ne prends rien de mal ici, nous sommes dans le salon de Voltaire... Tu me lis bien, mais c’est une caricature, ce n’est pas totalitaire. Il y a effectivement des infirmières qui n’ont pas besoin de cette 4e année, mais il faut reconnaître que beaucoup n’ont pas intégré (au sens propre du terme) l’énorme quantité de matières accumulée pendant les études. Travailler autrement signifie pour moi travailler plus intelligemment, en entremêlant tous les savoirs entre eux. Je pense en effet qu’il est grand temps d’intellectualiser un peu notre profession, être infirmière ne signifie pas juste savoir faire une toilette, un pansement et autres «piqûres» en étant souriante et aimable. Observe autour de toi, si tu ne ressent pas ça dans ton milieu, alors tant mieux, c’est que tu travailles dans un milieu privilégié (et c’est bien). Ou c’est moi qui suis dans un endroit défavorisé... c’est possible ???
Comme je le dis dans la première ligne, ne connaissant pas le reste, je parle de ce que je connais, le milieu aigu. Et comme je le dis dans la dernière ligne, j’invite les autres milieux spécialisés à s’exprimer sur la question...

Pour conclure, tous les milieux peuvent être intéressants, ce sont les gens qui les fréquentent qui les rendent plus ou moins intéressants. Je fais partie d’un groupe de travail au sein de mon institution, autour de la table il y des infirmières venant de tous les services. Crois moi, si toutes les personnes partageant le même diplôme que nous avaient les connaissances, l’ouverture d’esprit, la motivation et l’envie de changer que cette assemblée, les soins infirmiers seraient autre chose que ce qu’ils sont. Je veux dire par là qu’intellectualiser une profession et donc des professionnels n’est jamais une mauvaise chose, ce qui est dommage, c’est qu’il faille une 4e année pour le faire. Je jette une pierre vers les écoles.

Epona : Pour la pierre vers les écoles, je la jette volontiers avec vous bien que je sois contre la lapidation. Je crois qu’il faudrait leur lancer une corde afin de rapprocher ces deux barques qui s’éloignent l’une de l’autre de plus en plus.

Katia : Débat intéressant sur le sujet, la spécialisation. Il faut de tout dans une équipe, travailler en équipe n’est ce pas aussi accepter et prendre les compétences de chacun afin d’être complémentaire. Nous ne pouvons être tous semblables. Je me souviens de ma première journée de cours cadre, ou j’ai entendu dire il ne faut pas être spécialisé pour être manager,  je sortais de spécialisation !!! Quelle claque. Mais en effet, je ne pense pas qu’il faille une quelconque spécialisation pour être cadre, mais pouvoir manier savoir  être,  savoir et savoir faire. Or des cadres, aussi bons gestionnaires soient ils parfois manquent de savoir être. Cette spécialisation, je ne la regrette pas, elle m’a appris à être, à voir les choses sous un angle différent, mais parfois aussi elle peut être une faiblesse, mais connaître ses failles, n’est ce pas aussi un pas ? Alors spécialisé ou non, est ce le débat ? Il y a des médecins généralistes et des médecins spécialisés. Le spécialiste en connaît-il plus que le médecin généraliste, je ne le pense pas, il a une vision rétrécie et experte dans son domaine, certes nécessaires, mais le généraliste a aussi besoin du spécialiste pour orienter ou confirmer son diagnostic... il a une vision globale... Je suis infirmière spécialisée en psychiatrie, et donc avec une tendance à tout voir du côté psy, j’aime mes collègues qui elles ont une vision autre, c’est le partage de visions qui est pour moi important, et non plus l’une que l’autre.. Travailler ensemble autour du patient bien que un peu utopiste je l’avoue.
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ACCUEIL & INTEGRATION

MT : L’alphabet fait bien les choses, c’est par là que tout commence ! Ce mot d’apparence banale est pourtant d’une grande complexité. L’accueil est à la fois un temps mais aussi un espace, concédé à l’autre. L’accueil est à la fois ressource et résultat mais il est surtout un processus. Cette démarche toute hospitalière vise l’intégration où les deux acteurs de cette (mise en) relation se retrouvent transformer. La question identitaire est en jeu !

Katia : La question identitaire est certes  en jeu, mais également, je pense la crainte du changement, pertubation du quotidien... bouscule nos certitudes

MT : Le changement n’induit-il pas un changement ou au moins un questionnement identitaire ?

Katia : le changement bouscule nos certitudes, nous met dans une position inconfortable, il induit un questionnement identitaire, encore faut il être prêt pour l’accueillir...

Vito : Il induit un questionnement identitaire tant pour chez l’accueillant que pour chez l’accueilli. Reflet de notre personnalité et de notre profession, le changement ne nous plaît guère car il bouscule, il oblige l’interrogation. La remise en question n’est certainement pas aisée car comme toute interrogation, elle suppose une évaluation.
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CHANGEMENT

MT : Si vous êtes venus et que nous sommes rencontrés, c’est que vous voulez changer.
Mais changer quoi ? La terre, le monde et son hôpital, les autres et ... Changer, c’est trans-former ! Il est pourtant essentiel d’ajouter qu’il faut aussi que vous changiez ... de points de vue et de regard, d’idées et d’idéologie, de manière et de pratiques ; que vous vous changiez. Le changement «efficace» commence souvent par son propre changement. C’est le meilleur que je puisse vous souhaiter !

Vito : Le changement quel mot simple et pourtant aux effets multiples ... Dérangeant et pourtant utile, décourageant autant que motivant, positif aussi bien négatif, le changement oppose toujours deux «antagonistes» qui finalement se réclame de l’unité pour atteindre son objectif de départ: se changer et changer ce qui nous entoure. Discussions, disputes, argumentations, chacun peut être amener à modifier son regard, qu’il soit sur l’autre ou sur soi-même. Le monde est un continuum de changements auquel l’humain s’adapte autant qu’il l’incite selon ses idées ...

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EMOTIONS & EPANOUISSEMENT

MT : Certains liront probablement stress et souffrance. L’étymologie du mot «travail» est sur ce point très claire. Nos émotions sont le signe de notre bios, notre vivant ! Elles permettent de récolter des informations et plus encore de les mémoriser. Elément subtil

Syl17 : Souffrance: quelle vision défaitiste ! Aurions-nous entamé ce parcours funambulesque d’école de cadres pour se limiter à cette seule vision ? Je préfère parler des émotions comme le sous-entend l’étymologie : «ex-movere». Mouvements vers l’extérieur, un peu comme ce forum qui confronte nos idées à celles de l’extérieur, à celles de la communauté. Pour ce faire, j’ai entendu parler de différents concepts : intelligence émotionnelle, relationnelle, situationnelle, collective, ... Outils complémentaires ou à substituer au «management plus classique» ? Dans certaines situations, ne dit-on pas qu’il faut faire fi de ses émotions tout comme de celles de l’Autre ? Votre avis ?

Certains parlent non plus de crise mais de spirale (C.Graves) ? Sommes -nous actuellement à une période «mutatoire» de l’espèce «manager» ? En sommes-nous conscients (acteurs) ou est-ce un leurre (objets) ?

Syl17 : Le jeudi 30 septembre 2010 de 9 h à 12 h, le CREAS (Centre de Ressource Educative pour l’Action Sociale) – directeurs prof. J.-P. Pourtois et prof. H. Desmet – organise un séminaire ayant pour titre : « Harcèlement au travail, pas de deux, valse à mille temps ou valse de Milgram « ».  Il sera présenté par Jean-François Horemans, Collaborateur scientifique Unité de Psychologie des Organisations de l’ULB, Conférencier ULB, Université de Toulon et cadre CEFUTS, Professeur à l’IEPSCF Namur et à l’IEPSCF Marche-en-Famenne. Ce séminaire abordera : Entre traumatisation et victimisation secondaires, le harcèlement restructure le tripalium, objet d’une souffrance initiale.

Qu’il soit subi, tu, nié, écrasant ou fictionnel, il implique, consciemment ou non, des acteurs qu’il nous faut entendre et reconnaître.  Tous les acteurs ?  Tout entendre ?  Tout reconnaître ?
Où commence le harcèlement ?  Où finit la compliance ?  Quelle est la place des liens, du dit, du non-dit, du contexte, des représentations ?  Comment bien transmettre, lorsque tout et rien de nous ne se tait ?  Où se situent les limites ?  En existe-t-il ? Une possibilité de retour est-elle
envisageable ? Quels sont nos outils, nos angles, nos « armes « ?  Peut-on croiser utilement – impunément aussi – psychologie et sociologie du travail, management, éthologie, clinique familiale, pédagogie et psychanalyse ?  Pouvons-nous être des personnes-ressources ainsi qu’existent des braises de résilience ? Autant de questions que nous nous proposons d’envisager à l’aune d’une observation-phare, celle d’un linguiste évoquant ... l’arc-en-ciel.
Nous vous rappelons que ce séminaire, comme toutes les formations que nous organisons, sont entièrement gratuites. Si elles vous intéressent, vous pouvez consulter notre site : http://creas.umons.ac.be

MT : Est-ce le sujet ou thème de ta prochaine problématique ? Peu importe la réponse à cet endroit du moins MAIS il est essentiel de préciser en quoi et pourquoi ce colloque a sa place dans la thématique que tu te proposes d’animer. Quel(s) lien(s) existe(nt)-il(s) entre harcèlement et émotions ? Quel rapport entretiens-tu si implicitement entre Milgram, victimisation et épanouissement ? Sois plus explicite, merci.

Syl17 : Tout entendre ?  Tout reconnaître ? Où commence le harcèlement ?  Où finit la compliance ? S’épanouir et prendre en compte les émotions ne doit pour moi ni se faire en écrasant l’autre au risque d’y prendre goût (Milgram), ni prendre un aspect de manipulation (harcèlement)
Pour le cadre, la frontière est parfois mince : nous devons prendre en compte, dans certaines circonstances, le contexte émotionnel dans la gestion de l’équipe mais nous ne sommes pas les «thérapeutes psychanalystes» des membres de notre équipe ! «L’arc-en-ciel» : c’est peut-être ce qui m’a donné envie d’assister à cette conférence et de partager cette info avec ceux qui comme moi frôlent ce sujet dans leur thématique E.I..

Syl17 : L’émotion est-elle le concept à la mode du new management ? Dans un contexte E.I., ne risquons-nous pas de nous noyer dans le biais ? Allons-nous rester fiable en terme de sujet «cadre» ?

Syl17 : Le stress est recherché par certains comme stimulants dans leur profession (profession high-tech). Par d’autres, il est considéré comme le responsable de leur mal-être professionnel. Le stress est-il vecteur d’émotions ou au contraire l’émotion est-elle déclencheur de stress? Le stress est-il une émotion ? Selye a déterminé  3 phases mais il n’est pas le seul modèle. Votre avis ?
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FIDELISATION

MT : N’a-t-on pas agité trop longtemps, et fort inutilement d’ailleurs, le spectre de la pénurie ? Nous voilà occupés (professionnellement) à reformuler de manière optimiste un problème en projet. Quelles découvertes à «simplement» inverser une proposition ! La fidélisation, c’est à la fois bien plus et autre chose que «garder son personnel» ou faire de la rétention. C’est apporter du qualitatif au quantitatif : l’enjeu est de taille. Notre métier de manager du soin ne deviendra-t-il pas plus humain ? Certains s’en préoccupent.

Julien : Si notre profession infirmière est de prendre soin des patients. Comment, lors de notre évolution vers l’encadrement, avons-nous tant de difficulté à prendre de soin de notre personnel ? Nos collègues sont des personnes avec des besoins, des attentes, des souhaits ; il est révolu le temps des «nonettes» corvéables à souhaits. Le personnel des cadres intermédiaires, des directions de nursing, ont-elles à ce point évolué, qu’elles en ont oublié leur profession première « prendre soin «. Mais prendre soin c’est un contrat tacite entre soignant soigné, alors pourquoi ne pas établir cela dans un contrat ? Nous revenons au donnant-donnant. Que faire ?

Stéphanie : Je vais ouvrir le débat avec des questions qui me taraudent... Penses-tu réellement qu’à l’heure actuelle, les cadres ont oubliés de prendre soin de leur personnel ou est-ce les exigences du personnel qui sont devenues beaucoup plus importantes ?  Ou placer la limite ? De plus est-ce si simple ? Les acteurs sont nombreux et les exigences singulières...  S’il est nécessaire de «prendre soin de» nos agents, nous n’avons pas toujours toutes les cartes en main...

Les conjonctures légales, les politiques de gestion hospitalières influent sur le cadre de proximité. Est-il dès lors dans ses possibilités de répondre à toutes les exigences? L’oubli passé par les instances politiques de nos «besoins» n’a-t-il pas créé un fossé difficile à combler ? Le financement des hôpitaux est-il suffisant pour créer un lieu de «bien-être» ? Car si le contrat psychologique qui nous lie aux agents est tacite, la loi sur le «bien-être» est bien réelle... N’est-elle pas un contrat liant le donnant - donnant ou fat-il prendre exemple sur le domaine commercial avec un salaire de base et des primes sur le rendement. N’est-ce pas extrême comme projection ? N’est-ce pas plutôt le but des évaluations du personnel ? Et bien voilà... J’attends vos commentaires, vos réflexions sur un sujet qui nous concerne tous ...

Julien : j’ai lu, divers articles qui avançaient certains arguments forts intéressants sur les hôpitaux magnétiques. A salaire égal avec les hôpitaux voisins, ceux-ci arrivent à garder et à attirer du personnel. Il ne vise pas à surpayer leur employés, mais à leur fournir un contexte de travail sain et agréable où il fait bon de se développer, de réfléchir, de travailler. D’après les articles, ces hôpitaux ont su rendre une place professionnelle aux infirmiers dans une équipe pluridisciplinaire.

Epona : Il est certain que les conditions de travail joue un rôle important pour garder son personnel le plus longtemps possible. Néanmoins et j’en parle en connaissance de cause, je suis restée longtemps dans mon institution car le salaire était plus convenable qu’ailleurs. Pourtant, je n’y étais jamais vraiment heureuse. Je pense par là que le salaire reste un excellent appât mais aussi aimant pour «avoir et garder du personnel». Mais il est certain que si le salaire était le même partout, j’irai là où le soleil brille. Je suis sure que l’argent reste la condition prioritaire de tout à chacun....à moins de ne manquer de rien.
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INSTITUTIONNALISATION

MT : Voilà un mot qui fait mal et donc peur ! Notre société n’est faite que d’institutions : maternité, crèche, école, mouvement de jeunesse, collège, club sportif, université, église, parti, métier, entreprise ... Parfois dotées d’une majuscule qui fait Etat de leur influence, les institutions sont un objet d’étude de la sociologie. J’oubliai, et non des moindres, l’hôpital est une institution !

Tibère : Tous et toutes sommes institutionnalisés ! Celui qui refuse de l’être le sera de toute façon, à moins de devenir SDF... Il s’agit donc d’une évidence ! Le tout est de s’approprier une part de liberté dans chaque institution, quelle qu’elle soit. Il existe cependant une institution qui régit toutes les autres et qui nous privent de liberté.... l’ $$$$ ! Sans $, il est difficile d’être institutionnalisé.
Dans nos institutions de soins, un indigent vit-il dans le même confort de soins qu’un usurier ? Le doute est permis. L’$ est influent sur une institutionnalisation réussie. Néanmoins, sauf si pour certains, la vie de Diogène est un modèle, l’institutionnalisation permet de sauver de la misère de nombreuses personnes car certaines institutions (de soins) sont remplies de fourmis besogneuses et humaines, où les gardiennes jouent leur rôle protecteur sans se soucier des revenus de leurs vieilles ouvrières. A ce sujet, le cadre ne doit-il pas être gardien des valeurs ?

Cloclo : Bonjour à tous et à toutes, Tout d’abord, je me présente, je m’appelle Claudine et je suis en troisième année de cadre en soins de santé .Pour la réalisation de mon épreuve intégrée j’ai choisi de parler l’institutionnalisation des personnes âgées en maison de repos et soins .Si quelqu’un connaît le sujet ou à parcouru des écrits concernant la thématique je suis intéressée. D’avance je vous remercie et à bientôt j’espère.

Katia : Je ne sais si cela pourra t’aider mais concernant l’institutionnalisation de la PA, je me poserai la question à savoir quelle est la place de la personne âgée aujourd’hui dans nos sociétés.  Il y a aspect démographique, avec l’évolution des technologies un allongement de la vie, mais aussi une société de plus en plus individualiste. De plus la personne âgée nous renvoie à notre propre mort, ne vaut il pas mieux l’enfermer afin de ne pas la voir (la mort je parle).  La vieillesse, et notre société du paraître, un corps qui vieillit, un visage qui se fane, un corps qui se dégrade, cela nous renvoie quelle image ?  Je ne partage pas cette vision, un visage marqué par les expériences de la vie çà nous parle tellement, çà nous touche ,nous émeut, nous donne envie de partager avec ces personnes leurs expériences, envie d’apprendre....  en espérant que cela pourra t’aider.

Cloclo : Merci pour tes idées elles confortent la voie sur laquelle je m’engage. Si tu connais des auteurs, cela m’intéresse.

Katia : je n’ai pas d’idées d’ouvrages à ce sujet, mais je partirai sur la représentation de la vieillesse, la représentation de la mort dans nos sociétés. L’évolution de  au sein de la société... l’enfermement car identités dérangeantes, on ne veut pas VOIR... je ne sais si l’approche avec l’évolution de la notion de famille pourrait t’aider également. Avant on prenait soin de nos grands parents au sein de la famille, aujourd’hui on les envoie au home, avant on prenait soin de nos parents défunts aujourd’hui on les envoie à l’hôpital pour mourir, ... je vois la même chose malgré tout au sein de nos institutions, la mort fait peur, le nombre de fois où certains de mes collègues voulaient envoyer une personne en fin de vie à l’hôpital alors que ses jours étaient comptés, non que ces personnes représentaient une charge de travail, mais de la peur d’être confrontée à la mort... si le métier d’infirmière en maison de repos est fui, n’est ce pas aussi lié au fait que vous côtoyez la mort de prés, que vous vivez à ses côtés..; et de plus à la dégradation du corps humain où la médecine n’y peut plus rien, pffff quelle impuissance... Nous ne pouvons plus exercer notre rôle de sauveur. Nous sommes confrontés à notre impuissance, or n’avons nous pas choisi cette profession pour guérir, sauver les gens... je te livre ici, mes idées !

Epona : Je crois que le succès de l’institutionnalisation des personnes âgées n’est du qu’à l’évolution de notre société et entre autre, à l’émancipation de la femme qui l’a sorti de son foyer ancestral. La démence doit être aussi un lourd facteur d’institutionnalisation. Enfin, je dirai que la dégradation des valeurs familiales en est un autre. Mais heureusement que ces maisons existent, je pense aux personnes isolées et la dernière vraie canicule nous a montré toute l’étendue de la problématique des personnes âgées. L’institutionnalisation resocialise les individus désocialisés par la société elle-même.

Cloclo : Je vous remercie toutes les deux pour vos commentaires et suggestions. J’en prends bonne note.
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EDUCATION

MT : Le troisième métier impossible après soigner et gouverner. Oserions-nous cumuler cette triple gageure ? La question éducationnelle interpelle bien entendu nos pratiques et bien plus qu’elles. Ces trois activités sont à haute valeur significative ; c’est ainsi et pourquoi elles sont autant matières à controverses et à débats. Comme le soin et la gouvernance, l’éducation interroge l’Homme dans son caractère social. Alors quel sens, quelle direction allons-nous prendre ? Car sens est apprendre !

Reg : Educare : nourrir, élever. Ex-ducere : faire sortir, conduire hors de. L’éducation, c’est accompagner l’autre à grandir, l’amener plus loin, vers plus d’autonomie. C’est faire exister l’autre comme différent de soi.  Patiens : celui qui a de la patience, qui est passif.

L’éducation du patient unit deux vocables qui ont un sens différent. D’une part l’éducation, processus dynamique et de l’autre le «patient» qui désigne une personne qui subit, qui est statique.
Comment nommer cet individu, cette personne que nous côtoyons, qui n’est plus en santé et que nous accompagnons dans une démarche éducationnelle ? Malade, patient, usager, bénéficiaire, client,...aucun terme ne définit la personne qui vit une maladie. Quel mot peut remplacer patient, malade, soigné,... mais n’a pas un statut de passivité et de soumission. Quand nous utilisons les termes soignant/soigné : participe présent (action), participe passé (passivité). Comment définir la personne qui entre en relation de soin avec un soignant et qui reste auteur, acteur ?
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FORMATION

MT : En plein dedans ... Le sujet peut paraître d’emblée pratique pourtant à négliger sa signification, son sens, c’est rater son objectif. Derrière la formation se profile deux autres questions : celle de l’éducation et donc celle du changement. Ainsi se révèle toute la complexité de la formation. La didactique n’est pas la formation. La formation est un outil précieux, à la fois professionnel et culturel. De ce constat, une conclusion : un outil aussi précieux ne se manipule pas à la légère !

Tibère : je voudrai m’attarder sur la formation des futur(e)s infirmiers(ières). Accueillant de nombreux élèves en stage dans nos unités, mon constat (tout à fait personnel) est négatif. Je trouve que le niveau des études baisse. Est-ce du à l’enseignement lui-même, aux jeunes eux-mêmes ou est-ce nous qui n’évoluons pas avec notre profession ? Les professeurs et maîtres de stage deviennent de moins en moins exigeants. L’erreur doit déjà être importante pour justifier une mauvaise note. Je ne parle pas d’une erreur technique qui, quand elle n’est pas répétitive, peut arriver à chacun de nous (personne n’est à l’abri). Je parlerai plutôt d’»erreurs» du comportement... Je considère en effet le comportement, l’éducation, la politesse, le respect....comme les bases de notre profession. Ce sont des aspects qui doivent exister au départ des études ou à défaut en fin de première année. Est-ce toujours le cas ? Les techniques sont importantes dans notre profession mais pas autant que les attitudes du soignant lui-même. Ne serait-il pas opportun d’instaurer un cours d’éducation «comportementale» dans le cursus scolaire ? Une fois les études achevées, lequel est «améliorable» facilement: le dévoué qui fait des fautes techniques ou l’impoli qui maîtrise ses techniques ?
A vous de choisir.
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MEDIA & COMMUNICATION

MT : J’ai hésité à mettre au pluriel les deux éléments de cette thématique. Qui de la poule vient de l’oeuf ? Qui du moyen va à la fin ? La communication est souvent utilisée comme alibi, prétexte. Elle s’avère pourtant protéiforme car proprement vivante, humaine et subjective. Nous pouvons prétendre gérer l’information ou les moyens de communication (médias) mais nul ne parviendra à contrôler la communication. Notre liberté est à ce prix ! Cette liberté nous offre la possibilité de questionner et d’interpréter nos pratiques. Sont-elles humaines ? Telle est la question de la communication !

Tibère : Avant de débattre sur la communication proprement dite, il est primordial pour moi de signaler le danger des médias quels qu’ils soient. Contrôler les médias, c’est avoir le pouvoir. Bon nombre de dictateurs l’ont fait et beaucoup de nations le font encore. En fait, qui ne le fait pas ? J’ai beaucoup «apprécié» le jeu du patron de BP suite à la marée noire aux USA. Dans les jours qui ont suivi le début de l’incident, si vous tapiez «marée noire» sur le net, le premier site (en haut de la première page) était en fait un site créé par BP qui minimisait l’incident. Bien sûr, il était difficile de savoir que ce site était sous l’égide du groupe pétrolier. Mon credo serait, et il l’est de plus en plus : Méfiez-vous des médias, ils vous manipulent. Dans mon apprentissage de la fonction de cadre, j’accorde une grande importance à la communication : elle doit être ouverte, à double sens, honnête, libre mais toujours respectueuse. Je ne veux pas contrôler la communication, je voudrai pouvoir la maîtriser personnellement afin d’»échanger» efficacement dans les relations que j’ai avec chacun.
Je serai tellement impatient d’avoir l’avis d’un ou plusieurs journalistes ou autres acteurs des médias...
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MARKETING

MT : Quel est ce gros mot dans la bouche d’un soignant ? Faire son marché, c’est remplir son panier comme faire la cueillette. Faire la cueillette des données est un québecquisme qui correspond à la collecte des données. Vieux souvenir de notre formation base, elle reste un geste ancestral pour ne pas dire anthropologique. Première étape d’une démarche, elle amorce le processus de satisfaction. Cette satisfaction est toujours double : le prestataire et son bénéficiaire.
Alors quel(s) bénéfice(s) pouvons-nous tirer de ce geste ?

Tibère : ne sommes-nous pas dans une économie de marché ? Je ne parle pas de Georges, encore que... Chaque «politique» a son économie. Du capitalisme et on peut voir ses défauts à l’heure actuelle. Du communisme ou pseudo-communisme chinois mais qui bientôt dirigera le monde. De la dictature qui enferme son peuple et le coupe du monde. Le cadre doit se situer.
Des questions que je me pose souvent : doit-on vraiment tout savoir sur ses clients et sur son personnel ? Connaissons-nous vraiment notre propre collecte des données ? Doit-on cibler sa clientèle et son personnel au risque de subir une pénurie
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ECONOMIE
MT : Voilà bien un mot qui inquiète. Pourtant, avant de vous inquiéter inutilement, regardez donc si ce terme est au pluriel ou au singulier. Nous sommes tous des économes ; observez donc vos enfants et même les patients que vous soignez. Certains cherchent le bonheur, d’autres la fortune mais tous tendons vers l’optimum, cet équilibre entre besoins et ressources, envies et potentiels.
ll est temps de faire entrer ce terme dans le dictionnaire des soignants, nous ne pouvons plus faire l’économie de cette discipline qui est humaine. Eco-nomie et auto-nomie : il n’y a pas de hasard en étymologie.
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MOTIVATIONS

MT : La loco est motive aussi ; sinon elle reste au garage. Mais qu’est-ce qui la motive ? Le charbon, le pétrole, l’énergie nucléaire ? Il s’agit d’être plurielle car pour que le train avance par sa locomotive, il a fallu cumuler et surtout capitaliser nombre de motivations ; de l’ingénieur au mécanicien. Les motivations permettent de mettre nos compétences au service de ...

Katia : au service de nous même et de l’entreprise.
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REPRESENTATIONS SOCIALES

MT : Objet de la sociologie, les représentations sociales ne sont guère faciles d’accès. Elles présentent et représentent pourtant un élément majeur de notre identité par sa dimension culturelle, donc dynamique ou complexe si vous préférez. Une épreuve intégrée possède non seulement ses propres représentations sociales mais elle agit comme produit culturel sur notre culture de métier. Quels chantiers !

Katia : et parfois il faut accepter de se laisser bousculer, ou de bousculer nos représentations, en allant se frotter à ce que nous pensons être la réalité, ou une croyance
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EVALUATION
MT : A la fin de nombreux processus, démarches et autres méthodes, l’évaluation reste pourtant souvent le maillon faible, négligeable et négligé. Nonobstant, c’est par elle que tout commence et tout fini (avant de recommencer). L’évaluation est un phénix, alors ne la cachons pas ! Mettons l’évaluation en avant !
 
Télécharger le fichier rassemblant toutes ces discussions, c'est POSSIBLE !
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